Lévis Refuse

Lévis Refuse les compteurs intelligents d'Hydro-Québec

Le grand méchant loup électromagnétique

la-presse31 mai 2015 – Source : La Presse

(Québec) «Il y a quelques [mois], nous avons reçu une lettre d’Hydro-Québec, qui nous informait que notre secteur allait bientôt recevoir les compteurs «intelligents». Au cours des deux ou trois dernières années, il s’est écrit beaucoup de choses sur l’innocuité et la fiabilité de ces nouveaux appareils de lecture à distance. Certains citoyens n’y voient aucun problème. D’autres, au contraire, se plaignent, à tort ou à raison, de divers problèmes de santé. Pourriez-vous faire le point?» demande Pierre Mercier, de Québec.

Ça tombe bien, puisque Laurent Aubé, lui aussi de Québec, nous envoie essentiellement la même question: «Je prends l’initiative de faire appel à vos intéressantes rubriques scientifiques pour me rassurer de la sécurité des antennes de téléphones cellulaires, installées sur le toit de notre résidence de six étages. Ces rayons sont-ils absorbés par les murs de ciment, de sorte qu’à l’inverse du carré de la distance, nous serions mieux protégés au rez-de-chaussée qu’au sixième étage?»

Il s’agit là d’une question à laquelle nous avons déjà répondu dans cette rubrique, mais, l’actualité étant ce qu’elle est, ces histoires ressurgissent périodiquement sur les radars médiatiques et continuent de semer (bien inutilement) l’inquiétude. Alors, revenons-y, puisqu’il le faut…

Les radiofréquences ou les micro-ondes grâce auxquelles les cellulaires et les compteurs intelligents communiquent sont des «ondes électromagnétiques», c’est-à-dire de l’énergie électrique et magnétique qui se propage dans l’espace un peu comme une vague à la surface de l’eau. Et il n’y a rien là, en soi, de bien exotique: la lumière que nos yeux perçoivent et les infrarouges que le corps humain irradie en permanence à cause de sa température sont d’autres exemples d’ondes électromagnétiques.

Certaines de ces ondes, disons-le, sont connues pour avoir un effet cancérogène – nommément les ultraviolets, les rayonsX et les rayons gamma (émis par la radioactivité). Ces trois types de rayonnement, en effet, transportent une énergie particulièrement intense, à tel point qu’ils sont capables d’arracher des électrons aux atomes et de briser les liens chimiques qui tiennent ensemble les atomes d’une molécule. Dans une cellule, cela peut endommager directement l’ADN, ou bien produire des radicaux libres qui vont réagir chimiquement avec le matériel génétique – ce qui, à terme, peut dérégler une cellule saine et la transformer en cellule cancéreuse.

Pas assez d’énergie

Cela dit, cependant, les ondes émises par les cellulaires, leurs tours et les compteurs d’Hydro-Québec ne contiennent pas assez d’énergie pour cela – elles sont grosso modo un million de fois moins énergétiques. Or, il est généralement admis qu’il faut une forme ou une autre de dommage à l’ADN pour qu’une tumeur apparaisse, et les cellulaires/tours n’en causent manifestement pas.

Maintenant, on peut toujours imaginer qu’il y a d’autres manières par lesquelles les ondes électromagnétiques pourraient causer le cancer. Et, pour tout dire, il est vrai que, d’une part, on ne sait pas tout, et que, d’autre part, il existe des facteurs hors de l’ADN qui peuvent favoriser l’apparition de cancers – en encourageant la croissance des tumeurs, par exemple.

Mais voilà, on a fait des tonnes d’études sur cette question depuis 30 ans et on n’a toujours rien trouvé qui ressemble à une preuve d’un lien entre les radiofréquences et le cancer. Il y a bien eu l’étude Interphone, qui a fait beaucoup de bruit en 2010 parce que c’était la plus grande jamais entreprise. En comparant l’usage du cellulaire chez un groupe de gens ayant un cancer du cerveau et un autre de sujets sains (5000 personnes au total), cette étude a trouvé: 1) que, dans l’ensemble, il n’y avait aucun lien entre le cancer du cerveau et l’utilisation du cellulaire, mais que 2) les 10 % qui parlaient le plus longtemps sur leur téléphone portable semblaient avoir un risque 1,4 fois plus grand de développer un gliome – une forme de cancer du cerveau. Quelques mois plus tard, d’ailleurs, l’Agence internationale de recherche sur le cancer (à l’origine d’Interphone) avait classé les radiofréquences comme «possiblement cancérogènes».

Les activistes qui s’opposent au déploiement des compteurs intelligents font grand cas de cette catégorisation. Or elle ne signifie rien de plus que dans l’état actuel des connaissances, il demeure possible qu’un risque existe, mais que le niveau de preuve est faible. En outre, l’étude Interphone a été critiquée pour des biais probables qui ont pu en fausser les résultats, et une analyse plus fine a trouvé par la suite que les endroits dans le cerveau où les gliomes avaient été décelés n’étaient (statistiquement) pas ceux qui étaient les plus exposés aux radiofréquences.

Aucune preuve

En outre, de manière générale «les études sur des cellules, des animaux et des humains n’ont jusqu’à présent fourni aucune preuve montrant que l’énergie des radiofréquences peut causer le cancer», lit-on sur la page Web (très complète et éclairante, d’ailleurs) que consacre l’Institut américain sur le cancer à cette question. Mentionnons aussi que malgré l’augmentation fulgurante de l’usage du cellulaire et du nombre de tours depuis le début des années 90, des études menées aux États-Unis et en Scandinavie n’ont trouvé aucune hausse des cancers du cerveau dans ces pays.

Enfin, bien qu’un certain nombre de gens attribuent aux radiofréquences toutes sortes de symptômes (habituellement très génériques), il faut aussi savoir que des études menées en laboratoire, où des «électrosensibles» étaient exposés à des ondes électromagnétiques, n’ont pas réussi à déclencher leurs symptômes. Cela ne veut pas dire que leurs souffrances ne sont pas réelles, mais il est très douteux qu’elles soient causées par des cellulaires, des tours ou des compteurs.

> Lire la nouvelle en ligne sur le site de La Presse

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Une réponse à “Le grand méchant loup électromagnétique

  1. Jocelyne Breton, Saint-Nicolas 1 juin 2015 à 14:33

    Quel innocent ce journaliste! Pense-t-il vraiment qu’on ne sait pas pour qui il travaille? Bon, donnons-lui le bénéfice du doute… Soit il est d’une mauvaise foi crasse, soit il est payé par l’industrie pour exacerber la désinformation ou soit il est carrément un incompétent. Il ne cite que les sources qui soutiennent sa thèse de départ et qui sont, de notoriété publique, réputées pour être carrément infiltrées par les intérêts de l’industrie qui fait la promotion d’une technologie qui non seulement n’a pas fait l’objet d’études probantes quant à son innocuité, mais qui génère des profits faramineux sur le dos des contribuables.

    De plus, il nie l’existence de sources pourtant fiables et renommées qui contredisent totalement ses allégations, et qui ont fait le lien avec certitude des dégâts causés par la prolifération de plus en plus dense des radiofréquences. L’électrosensibilité n’est pas une vue de l’esprit et n’est pas un effet nocebo. C’est une maladie reconnue internationalement par d’éminents médecins et chercheurs, comprenant parmi leurs rangs des prix Nobel, dont l’un est à l’origine de la découverte du virus du Sida soit dit en passant. Ici, notre brillant journaleux a choisi de ne pas tenir compte de l’appel de 190 chercheurs à l’ONU, en mai 2015, et du Colloque du 5e Appel de Paris, le 18 mai 2015, à l’Académie Royale de Médecine, en Belgique, où l’ensemble des médecins et des chercheurs de la communauté européenne se sont réunis pour partager le fruit de leurs recherches et de leurs découvertes en ce qui a trait à l’électrosensibiité et la sensibilité aux produits chimiques qu’ils ont associés à un même syndrome. Ce syndrome, dont les effets originent de désordres au niveau de la cellule a des répercussions sur le système immunitaire dont les manifestations s’apparentent à une allergie; il est irréversible, extrêmement souffrant et complètement débilitant parce qu’il retire toute énergie à celui qui en est atteint. Comme les allergies, il se manifeste de façon différente d’un individu à l’autre et les symptômes ne sont pas toujours évidents à court terme.

    Ils peuvent apparaître de manière décalée des heures après le début de l’exposition, et dans certains cas cela peut demander des jours d’exposition avant d’en éprouver des malaises. Comme toute allergie, cela peut prendre des années avant d’en identifier la cause. C’est un phénomène très connu tout comme les désordres thyroïdiens qui peuvent présenter des symptômes différents d’une personne à l’autre. Alors venir nous parler de symptômes génériques, lorsqu’on n’a aucune connaissance médicale, relève déjà de l’aberration. Il y a beaucoup de maladies reconnues qui présentent ce genre de pathologies. Ces médecins et chercheurs qui ont participé au 5e colloque de l’Appel de Paris, ont déclaré unanimement, réitéré et confirmé le lien qui existe entre certains cancers spécifiques, le diabète, les maladies neurodégénératives et l’hyperélectrosensibilité en lien avec les émissions de radiofréquences. Par ailleurs, rappelons que les radiofréquences peuvent servir à soigner quand on en balise bien l’utilisation… mais sans réglementation adéquate dans les mains d’une industrie qui ne cherche qu’à s’enrichir, elles peuvent rendre malade et servir d’autres intérêts tout aussi condamnables.

    Oui il y a 30 ans d’études, et on ne peut renier celles qui ont abouti aux résultats probants tout simplement parce que ça ne fait pas notre affaire. D’autre part, 30 années d’études lorsqu’on parle d’un phénomène en accélération depuis les 2000, c’est bien peu. En tout cas, c’est loin d’être suffisant pour apporter toutes les preuves dont on a besoin pour assurer la sécurité de cette technologie. Par ailleurs, dans une société responsable, les études auraient dû être faites bien avant de mettre ces produits et cette technologie sur le marché et l’autorisation de le faire aurait dû exiger des preuves indiscutables de son innocuité. Or, les choses marchent à l’envers dans notre société. On met des produits sur le marché et ça prend 60 à 80 ans avant de pouvoir prouver que OOPS y a un problème sanitaire. C’est ce qu’on a vécu avec l’amiante, la Miuf Mousse Isolante d’Urée-Formaldéhyde), le mercure, le fluor… et j’en passe et des meilleures.

    Alors en attendant, ceux qui veulent faire du fric avec les radiofréquences ridiculisent les personnes qui sont atteintes de problèmes qui y sont reliés, ou ceux qui tirent la sonnette d’alarme à ce sujet. C’est la réaction des lâches et de tout incompétent qui refuse d’admettre qu’il n’a pas pu trouver d’argument valable pour prouver hors de tout doute la véracité de ses propos et l’innocuité du produit qu’il défend. J’associe cela à un acte de complicité à un comportement criminel, parce qu’en répandant de telles faussetés, ces gens alimentent le doute, ce qui empêche la population d’exiger de ses dirigeants un comportement responsable, empêchant ainsi des organisations de mettre des produits dangereux sur le marché. Que ce soit pour notre santé, notre sécurité ou le respect de nos droits fondamentaux, ce genre de comportements est inacceptable. Quand je lis de tels monceaux d’inepties, ça me met totalement hors de moi!

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