Lévis Refuse

Lévis Refuse les compteurs intelligents d'Hydro-Québec

À tout le monde, à personne

journal-de-montreal31 mai 2015 – Source : Journal de Montréal

Hydro-Québec a pris une turbine qu’elle avait achetée 79 millions et l’a revendue 75 000 $.

Aucun individu sensé ne ferait ça. On magasinerait, tenterait de trouver la meilleure offre possible, celle qui nous fait perdre le moins d’argent.

Mais la société d’État, elle, n’a pas hésité une seconde.

«Tu me donnes 75 000 $? O.K., prends-la, je te la donne…»

Qu’importe si le Québec a perdu 78 925 000 $ dans cette transaction.
Subventionnés par l’État, nos comiques préfèrent se moquer des chroniqueurs qui dénoncent le gaspillage

Au moins, Hydro n’a plus la turbine sur les bras. Elle pourra passer à un autre dossier – comme l’achat d’énergie éolienne alors que nous nageons en plein surplus.

Votre argent au travail

Pourquoi Hydro a agi de la sorte?

Parce que les 79 millions de dollars dépensés originalement étaient de l’argent public. Et que l’argent public appartient à tout le monde, donc à personne.

Ce sont des chiffres alignés sur du papier. Des signes abstraits, qui n’ont aucune valeur et ne veulent rien dire.

«L’argent public n’existe pas, c’est l’argent des contribuables, répétait Margaret Thatcher. L’État n’a aucune autre source d’argent que l’argent que les gens gagnent eux-mêmes.»

Elle disait aussi: «Le problème, avec le socialisme, c’est que tôt ou tard, vous êtes à court de l’argent des autres…»

L’ancien président français Georges Pompidou en avait sorti une autre, encore plus croustillante, qui devrait être affichée à l’entrée de tous les organismes publics du Québec…

«Comment se ruiner? Par le jeu? C’est le plus rapide. Par les femmes? C’est le plus agréable. Par les technocrates? C’est le plus sûr.»

Coluche, lui, était plus vulgaire: «S’il y avait un impôt sur la connerie, l’État s’autofinancerait…»

Ce ne sont pas nos humoristes qui sortiraient des phrases de ce genre. Subventionnés par l’État, nos comiques préfèrent se moquer des chroniqueurs qui dénoncent le gaspillage.

La dette? Bof, ça n’existe pas, un épouvantail brandi par la méchante droite.

Ce n’est qu’un début, continuons de dépenser, camarades…

Brûler le verger

«En finançant les dépenses publiques actuelles par la dette, nous sommes, en fait, en train de couper les pommiers pour en faire du bois de chauffage, réduisant ainsi le rendement du verger pour toujours», disait l’économiste américain James McGill Buchanan.

C’est ce qu’a fait Hydro en bradant la turbine de Gentilly-2. Elle a pris 79 millions de dollars d’argent public et l’a jeté dans le feu.

Tout ça en haussant les épaules, bien sûr.

Et hop! Des millions investis en pure perte dans des projets informatiques qui ne vont nulle part. Et hop! Les régimes de retraite en or.

Et pendant ce temps, il n’y a plus de cours d’économie à l’école. Les jeunes grandissent dans une ignorance totale des rouages les plus élémentaires de notre système économique.

Comme m’a lancé la présidente de l’ASSÉ, à LCN:

«La dette du Québec s’élève à combien? Euh…»

Analphabète économique et fière de l’être.

De toute façon, les chiffres, hein… On peut leur faire dire n’importe quoi, alors.

Bof

La vérificatrice générale passe les chiffres au crible et hurle. L’État s’excuse et jure qu’on ne l’y prendra plus.

Puis le cirque recommence.

> Lire la nouvelle en ligne sur le site du Journal de Montréal

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