Lévis Refuse

Lévis Refuse les compteurs intelligents d'Hydro-Québec

La vérificatrice générale écorche Hydro-Québec

argent-tva27 mai 2015 – Source : Argent/Canoe

QUÉBEC – Hydro-Québec (HQ) s’est fait semoncer par la vérificatrice générale (VG) pour avoir évalué de façon «peu rigoureuse» le matériel neuf destiné à la rénovation de Gentilly-2, qui a été vendu au rabais lors du déclassement de la centrale.

Acquise au coût de 79 millions $, une turbine a été vendue pour 75 000 $ à un ferrailleur, a révélé Guylaine Leclerc mercredi.

«Nous n’avons pas vu d’analyse économique qui pouvait justifier de ne pas aller en appel d’offres public», a-t-elle déploré dans son premier rapport depuis sa nomination comme vérificatrice générale du Québec. Mme Leclerc confirme ainsi plusieurs reportages du Bureau d’enquête à ce sujet.

«Hydro-Québec n’a pas précisé les critères retenus pour appuyer la décision de cesser la recherche d’acquéreurs potentiels. Elle a fait un appel de propositions restreint pour la vente des équipements sur le marché du recyclage des métaux sur la base d’une évaluation peu rigoureuse de la valeur marchande des biens», a noté Mme Leclerc.

Elle souligne d’ailleurs que la société d’État a dépensé pour rien 983 millions $ avant que le gouvernement Marois n’annonce officiellement la fermeture de la centrale et l’abandon du projet en septembre 2012.
Une turbine neuve à la ferraille

La VG et son équipe de limiers se sont particulièrement intéressées à la vente d’une partie des équipements, acquis dans le cadre du projet de réfection.

En novembre 2014, HQ a annoncé qu’une entreprise de recyclage des métaux de la région de la Mauricie a racheté pour 75 000 $ une turbine neuve payée 79 millions $.

La VG reconnaît que la situation associée au déclassement de Gentilly-2 était exceptionnelle. Autorisées en 2008, les rénovations ont été abandonnées en 2012 après une hausse vertigineuse des coûts. Mais les «décisions importantes qui ont influencé l’issue du processus de vente des équipements neufs de la turbine n’ont pas été documentées», écrit Mme Leclerc.

La turbine était difficile à revendre puisque certaines composantes étaient faites sur mesure, selon le fabricant.

«La vente d’équipements neufs et usagés à des entreprises du secteur nucléaire n’est pas au cœur du savoir-faire de l’entreprise. Nous nous attendions donc à ce que les décisions clés soient bien documentées et assumées par un niveau décisionnel adéquat. Or, certaines décisions importantes ne sont pas documentées et la responsabilité de celles-ci demeure floue», ajoute-t-elle.
Pas d’appel de propositions

Faute d’expression d’intérêt de la part d’acheteurs potentiels, Hydro-Québec n’a pas jugé pertinent de lancer un appel de propositions, comme le prévoyait son processus de vente. La VG estime d’ailleurs que cette liquidation a été faite dans «l’urgence» puisqu’Hydro-Québec a résilié le bail de l’entrepôt où se trouvaient les pièces avant son échéance.

Elle a donc choisi de vendre à un ferrailleur de la Mauricie les turbines et équipements. Or, la direction du matériel a «sous-évalué le poids des équipements à vendre et n’a pas tenu compte des particularités de leur composition pour en estimer la valeur».

La «valeur estimative» de 75 000 $ a été attribuée sans «documentation complète à l’origine de cette évaluation».
Hydro se défend

De son côté, Hydro-Québec estime que «les coûts d’entreposage justifiaient la décision de l’entreprise d’agir le plus rapidement possible». Elle affirme que le coût d’entreposage élevé justifiait une vente rapide à rabais.

«Il est à noter que la valorisation des autres actifs de la centrale s’est traduite par une rentrée de fonds de près de 9 millions $», a-t-elle rétorqué. Elle «adhère» toutefois aux recommandations de la vérificatrice.
Autres pertes d’argent

Ce n’est pas la première fois qu’Hydro se fait prendre à vendre au rabais de l’équipement coûteux. Le Bureau d’enquête avait révélé qu’Hydro-Québec a vendu 24 roulottes pratiquement neuves pour 34 000 $ à un entrepreneur qui les a immédiatement revendues sans modification pour 375 000 $.

«Ce rapport confirme nos craintes. Selon nous, c’est même uniquement la pointe de l’iceberg. La gestion d’Hydro-Québec depuis la fermeture de Gentilly-2 est clairement déficiente et les conclusions du rapport me troublent énormément. L’argent des Québécois ne peut pas continuer à être jeté par les fenêtres ainsi», a dénoncé le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel.

> Lire la nouvelle en ligne sur le site de Argent/Canoe

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