Lévis Refuse

Lévis Refuse les compteurs intelligents d'Hydro-Québec

Hydro-miroir

journal-de-montreal14 mai 2015 – Source : Mario Dumont, Journal de Montréal

Quelle grogne ces jours-ci à l’endroit d’Hydro-Québec! La colère publique s’entend partout. Dès que nous abordons le sujet dans les émissions, les commentaires agressifs des citoyens outrés déferlent. Pourtant, n’en sommes-nous pas les seuls propriétaires, nous les citoyens du Québec?

Les pratiques commerciales d’Hydro-Québec ne manquent pas de soulever des questions épineuses. Une filiale gonfle ses profits en vendant à l’autre filiale à fort prix, profitant des grands froids pour obtenir une dispense réglementaire et contourner les règles d’appel d’offres. Résultat: la marge de profit sur ces ventes frise les 900 %! Le client peut difficilement se réjouir de voir une société en situation de monopole agir de la sorte.

Mais nous sommes aussi les propriétaires de l’entreprise!

Même chose pour le taux d’intérêt sur les soldes impayés qu’a dénoncé avec justesse mon collègue Michel Girard. Hydro impose 14,2 % d’intérêt aux ménages qui n’arrivent pas à acquitter leur facture au complet. C’est plus proche des taux des cartes de crédit que de celui du ministère du Revenu, qui se limite à 6 %.

Trop-perçus empochés

Et que dire de l’appropriation des trop-perçus? 1,4 milliard de dollars qui auraient dû être retournés aux consommateurs selon les principes normaux de gestion d’un fournisseur public. Non seulement ce n’est pas ce qui est arrivé chez Hydro-Québec, mais le gouvernement a mis fin à toute discussion en votant sous bâillon une loi qui dicte noir sur blanc que les trop-perçus seront désormais versés… dans les coffres de l’État.

En somme, quiconque décide de prendre le crachoir pour s’en prendre à la voracité d’Hydro-Québec ne manque pas de matière. Or ces jérémiades sont futiles. Notre grande société d’État siphonne les revenus de façon déraisonnable pour la seule et unique raison que son donneur d’ordres, le gouvernement du Québec, exige des rentrées de fonds déraisonnables.

Et pourquoi ce gouvernement que nous avons collectivement élu demande-t-il autant de fric à Hydro? Parce qu’il sait que le peuple va se lamenter un peu à propos de sa facture d’électricité, mais qu’au fond, le peuple ne veut pas vraiment qu’on réduise les dépenses gouvernementales. Les 160 millions de trop-perçus pour l’année 2014 ne pouvaient pas dormir dans les coffres d’Hydro ni être retournés aux usagers. Le gouvernement a mis la main dessus pour le dépenser parce qu’il croit que c’est votre préférence.

Toujours plus

Notre gouvernement pourrait demander à Hydro de limiter son appétit, d’aller chercher moins d’argent comme un ogre. Mais selon cette logique de se contenter de revenus raisonnables, notre gouvernement se serait aussi discipliné à une TVQ plus modeste et l’aurait laissée à 7,5 %, comme avant 2011. Il se serait contenté de l’impôt sur le revenu déjà très élevé, il n’y aurait pas ajouté l’impôt santé.

La croissance de nos dépenses publiques est effrénée. Nos dirigeants sentent que tout effort un peu musclé pour ralentir cette croissance amène des manifestants dans la rue et sème l’émoi dans la population.

Malgré certains efforts qualifiés d’austérité, Philippe Couillard sait qu’il doit garder le cap sur de fortes dépenses, comme ses prédécesseurs, pour garder son Québec heureux. Alors Hydro-Québec pompe le fric.

Arrêtons de crier après Hydro, elle n’est que notre miroir.

> Lire la nouvelle en ligne sur le site du Journal de Montréal

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