Lévis Refuse

Lévis Refuse les compteurs intelligents d'Hydro-Québec

Un bilan du règne de Thierry Vandal à Hydro-Québec

29 avril 2015 – Source : Ici Radio-Canada

Après une décennie à la tête d’Hydro-Québec, Thierry Vandal tire sa révérence. Nombreux sont ceux qui vantent ses qualités de gestionnaire, mais ses décisions n’ont pas toujours fait l’unanimité.

Un texte de Vincent Maisonneuve

Avril 2005, Thierry Vandal accède à la présidence d’Hydro-Québec. Il n’a que 44 ans, mais compte déjà une vingtaine d’années dans le secteur de l’énergie et sa performance à la barre de la division production d’Hydro en fait déjà le dauphin d’André Caillé.

« Il était déjà connu comme un bon gestionnaire, explique M. Charest. « La succession s’est faite de façon plutôt naturelle entre lui et André Caillé ».

Hydro-Québec est à l’époque embourbée dans le dossier de la centrale au gaz du Suroît. Si Thierry Vandal a défendu bec et ongles les centrales thermiques aux côtés d’André Caillé, la nouvelle politique énergétique du gouvernement marque un virage à 180 degrés.

Dès 2006, Hydro-Québec tourne le dos aux énergies fossiles. C’est la relance des grands projets hydroélectriques et le développement de la filière éolienne.

Un « dérapage éolien »?

Ce développement ne se fait pas sans grogne. Les premiers pas dans la filière éolienne suscitent la colère, même chez les écologistes. « On pourrait plus parler d’un dérapage éolien », dit le président de l’AQLPA, André Bélisle. « Ç’a été lancé tout croche. Il n’y avait pas de cadre de référence, les éoliennes étaient installées n’importe où, n’importe comment. »

Avec l’éolien, on ouvre encore plus grand la porte au privé. C’est le privé qui construit les éoliennes et Hydro-Québec qui rachète l’électricité, à des prix souvent élevés. Selon l’analyste Jean-François Blain, il s’agit d’un « transfert de la richesse collective au profit de la réintroduction de producteurs privés dans la production d’électricité au Québec. Ce n’était pas nécessairement la volonté de Thierry Vandal, mais c’était la commande qu’on lui avait passée ».

Thierry Vandal doit, comme ses prédécesseurs, gérer la société d’État et répondre à son unique actionnaire, le gouvernement. « Le job de président d’Hydro-Québec est aussi différent, dit Jean Charest, car son lien est souvent directement avec le bureau du premier ministre. Cela exige des habiletés politiques, non pas au sens partisan, mais il faut savoir faire affaire avec les gens de la classe politique. Thierry Vandal l’a fait autant avec des gouvernements libéraux que péquistes. »

Des tarifs à la hausse, mais qui restent bas

Pour satisfaire l’appétit grandissant du gouvernement, Hydro-Québec doit être toujours plus rentable. Lors du départ d’André Caillé, le dividende annuel versé par Hydro-Québec au gouvernement s’élève à 1,35 milliard de dollars. Après 10 ans de règne de Thierry Vandal, le dividende annuel a grimpé à 2,535 milliards.

Durant les 10 années de présidence de Thierry Vandal, les tarifs d’Hydro-Québec ont suivi la courbe de l’inflation. Reste que la facture annuelle pour une résidence de taille moyenne a grimpé d’environ 300 $.

Pour consulter ce graphique sur les tarifs d’électricité sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Et l’efficacité énergétique?

Si tous le qualifient d’excellent gestionnaire, certains lui reprochent un manque de vision. Selon le professeur à HEC Montréal Pierre-Olivier Pineau, « on a eu des innovations d’images, avec un circuit électrique (bornes de recharge pour les voitures électriques), qui est bien beau, mais ne sert à rien à court terme, et des programmes d’efficacités énergétiques qui sont bien beaux, mais qui n’ont pas d’impact majeur ».

Le titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie ajoute que « sous le règne de Thierry Vandal, les Québécois n’ont pas été sensibilisés à leur consommation d’énergie ».

Le dernier grand projet, celui des compteurs intelligents, aura alimenté le sentiment de méfiance d’une partie de la population. Encore aujourd’hui, plusieurs reprochent à Hydro-Québec un manque de transparence. « C’est encore la boîte la plus réputée pour l’opacité au niveau des communications », dit André Bélisle.
Des milliards en redevances

Hydro-Québec vient de traverser une décennie sans crise majeure et sans conflit de travail. Il y a bien eu la chute des prix de l’énergie, la fermeture coûteuse de Gentilly-2, sans oublier la centrale au gaz inutilisée de Bécancour qui coûte aux contribuables 150 millions de dollars par année. Mais Hydro-Québec est demeurée très rentable.

Durant la décennie Thierry Vandal, c’est tout près de 30 milliards de dollars qu’Hydro-Québec a versé en contributions de toutes sortes dans les coffres de l’État.

> Lire la nouvelle en ligne sur le site d’Ici Radio-Canada

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