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Lettre ouverte : Les antennes bel et bien dangereuses

21 avril 2015 – Source : Journal Accès Laurentides

J’interviewe des dizaines d’experts internationaux au sujet des risques sanitaires de l’exposition chronique aux champs électromagnétiques (CEM) depuis 25 ans. Pour répondre au conseiller de Sainte-Anne-des-Lacs Sylvain Charron, qui affirme n’avoir jamais «vu de protocoles de recherche» sur les effets des radiofréquences émises par les antennes relais de téléphonie mobile, je l’invite à faire ses devoirs et à visiter les sites bioinitiative.org, powerwatch.org.uk et surtout emf-portal.de qui répertorie quelque 21000 études scientifiques sur les effets des CEM publiées depuis plus de 50 ans.

Il devrait particulièrement lire la résolution 1815 du Conseil d’Europe1 sur le «danger potentiel» des CEM, adoptée en 2011, ainsi que le rapport du comité interministériel indien2 sur les CEM, publié en 2012.

Ce rapport a incité l’Inde à réduire de 90% sa limite d’exposition aux radiofréquences qui était identique à celle en vigueur dans certains pays, dont le Canada. Cette décision radicale faisait suite au jugement rendu en 2013 par la Cour suprême de l’Inde3 confirmant la décision de l’État du Rajasthan de retirer toutes les antennes relais, qu’il estime «dangereuses pour la vie», à proximité des écoles, hôpitaux et terrains de jeux. Malgré l’absence de preuves concluantes (de cause à effet) de leur dangerosité, le comité interministériel a recommandé l’application du principe de précaution, car bon nombre d’études suggèrent qu’à long terme ces antennes pourraient effectivement présenter une grave menace pour la santé publique. Ce rapport interministériel mentionne notamment que:

* « Le coeur et le cerveau sont régulés par des signaux bioélectriques internes. Les expositions environnementales aux CEM peuvent interagir avec des processus biologiques fondamentaux et parfois causer des inconforts rapportés dans la littérature… Contrairement à celles des téléphones mobiles, les émissions des antennes sont continues et plus puissantes à proximité.

* Les gens exposés de façon chronique aux faibles émissions d’antennes et d’appareils sans fil ont affirmé ressentir plusieurs symptômes non spécifiques durant et après l’usage, notamment une sensation de brûlure et de picotement de la peau crânienne, de la fatigue, des problèmes de sommeil, des étourdissements, des bourdonnements dans les oreilles, des problèmes de concentration, de mémoire et de digestion, des maux de tête, des palpitations cardiaques, etc.» Le rapport ajoute que des chercheurs français (Santini et al., 2002) ont observé de tels symptômes chez des Parisiens vivant jusqu’à 300 mètres des antennes relais (en face – et non derrière – du faisceau qui est directionnel).

D’ailleurs, l’oncologue parisien Dominique Belpomme, qui traite plus de 1 200 patients devenus intolérants aux CEM à force de surexposition, m’a expliqué que ces symptômes n’ont rien à voir avec une quelconque peur des ondes (effet nocebo). Dans le cadre d’une étude en cours, des tests de sang et d’urine ainsi que des échographies cérébrales ont révélé des indices certains d’atteintes cérébrales chez ses patients: baisse de la mélatonine, hausse de l’histamine, de protéines de choc thermique et d’anticorps, hypoxie et hypoperfusion cérébrale et ouverture de la barrière hématoencéphalique.

Enfin, le rapport indien cite diverses études ayant relevé une incidence des cas de cancer ou des décès causés par tumeurs cancéreuses plus élevée que la moyenne chez les gens vivant pendant plusieurs années jusqu’à 500 mètres de stations de base de téléphonie cellulaire. L’étude de 2011 portant sur la troisième ville brésilienne parmi les plus populeuses, Belo Horizonte4, démontre que de 1996 à 2006, les cas de décès par cancer étaient presque trois fois moindre à l’extérieur de la zone des 500 mètres, où les mesures de radiofréquences étaient les plus basses.

Bref, l’érection de telles tours et antennes en milieu habité est irresponsable et l’opposition des citoyens inquiets est justifiée. Comme Santé Canada refuse d’appliquer le principe de précaution en la matière, les municipalités devraient légiférer pour protéger la santé publique, pouvoir que leur reconnaît la Cour suprême du Canada en matière d’herbicides (Spraytech c. Hudson, 2001).

1. next-up.org/parlement_europeen.php

2. http://www.dot.gov.in/sites/default/files/1.IMC%20Report_0.pdf

3. LIEN NON FONCTIONNEL

4. next-up.org/Newsoftheworld/Database_CEM_EMF.php

Source : André Fauteux, éditeur – Magazine La Maison du 21e siècle

> Lire la nouvelle en ligne sur le site du Journal Accès Laurentides

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