Lévis Refuse

Lévis Refuse les compteurs intelligents d'Hydro-Québec

Pierre Arcand défend les surplus d’Hydro-Québec

15 février 2015 – Source : Journal Le Devoir

Même s’ils coûtent des milliards de dollars à l’État québécois, les surplus énergétiques d’Hydro-Québec doivent être perçus comme une opportunité, estime le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand.

En entrevue dimanche aux Coulisses du pouvoir, le ministre a présenté les importants excédents de la société d’État comme un outil de développement économique pour le Québec. Avec ces surplus, a-t-il souligné, « nous voulons attirer certaines entreprises, comme des alumineries ». Le ministre n’a toutefois pas présenté d’exemple précis de projets.

L’important, selon lui, est de se demander si le Québec pourrait vendre « davantage » d’électricité, par exemple en Ontario ou aux États-Unis. M. Arcand a ainsi rappelé que c’est dans la foulée de l’élaboration de la politique énergétique 2006-2015 que le gouvernement Charest a lancé résolument le Québec dans le développement éolien, mais aussi dans la construction du complexe de la rivière Romaine.

Le hic, c’est que les surplus énergétiques font désormais perdre des milliards de dollars à l’État. Selon les données inscrites dans le rapport « Maîtriser notre avenir énergétique » — qui devait servir à l’élaboration de la future politique énergétique —, les pertes attribuables à tous les moyens de production d’électricité mis en service depuis 2008 s’élèvent à 1,2 milliard de dollars par année. Elles doivent atteindre deux milliards en 2025.

Ce manque à gagner est en bonne partie attribuable au coût de production de cette énergie, qui est plus élevé que son prix de vente, mais aussi à la demande elle-même. « Le coût de l’énergie provenant des nouveaux moyens de production mis en service à partir de 2008 varie entre 6 ¢/kWh et 12 ¢/kWh. Cette réalité se traduit par une subvention annuelle aux producteurs d’électricité qui atteindra 1,2 milliard de dollars en 2017, aux frais des consommateurs d’électricité et des contribuables », peut-on d’ailleurs lire dans le rapport produit par la Commission sur les enjeux énergétiques à la demande de l’ancien gouvernement péquiste.

Les auteurs du document doutent fortement de la pertinence de poursuivre les travaux sur le chantier du mégaprojet hydroélectrique de la rivière Romaine, un projet de plus de 6,5 milliards de dollars. Dans leurs recommandations, ils pressaient donc Québec d’étudier « sans délai l’opportunité de suspendre les investissements dans le complexe de la Romaine-3 et de la Romaine-4 ».

Le même genre de remise en question devrait prévaloir pour les contrats d’approvisionnement en éolien, en cogénération et en petite hydraulique, pour les infrastructures qui ne sont pas encore construites.

Future politique

Québec n’a pas donné suite aux recommandations de ce rapport, fruit de consultations publiques et de l’analyse de plus de 460 mémoires. Dimanche, le ministre Arcand a toutefois souligné que Québec prendrait en compte les conclusions de cette commission sur les enjeux énergétiques. Mais, a-t-il précisé, des « éléments nouveaux » sont apparus dans le paysage énergétique depuis sa publication, il y a de cela un an.

En novembre dernier, le gouvernement a annoncé qu’il recommençait l’exercice en vue de l’élaboration de la future politique énergétique. Trois tables d’experts doivent ainsi se réunir d’ici le printemps. Chacune se réunira pendant une seule journée. Le public pourra « observer les discussions », à condition de s’inscrire à l’avance. Chaque table sera suivie, le soir même, d’une consultation publique. Les gens qui s’inscrivent au préalable, en ligne, pourront alors prendre la parole pour une durée maximale de cinq minutes.

En plus des tables rondes d’experts, le gouvernement entend inclure des « démarches complémentaires » relatives au processus, dont l’évaluation environnementale stratégique sur les hydrocarbures et celle sur Anticosti. Ces études sont dirigées par un comité présidé par des représentants du gouvernement, qui doivent s’assurer de l’« objectivité » de la démarche. Dans ce cas, la consultation publique doit se limiter à une consultation en ligne, à la toute fin du processus.

Le gouvernement a aussi mandaté l’an dernier un groupe de travail formé des « principaux acteurs de l’industrie » éolienne, dans le but de « dégager une vision d’avenir » pour ce secteur, alors que l’achat d’énergie qui en découle se fait à perte pour le Québec.

> Lire la nouvelle en ligne sur le site du Journal Le Devoir

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