Lévis Refuse

Lévis Refuse les compteurs intelligents d'Hydro-Québec

Hydro-Québec lui faisait payer l’électricité du voisin

13 février 2015 – Source : Journal de Montréal

À 86 ans, Fernand Théorêt a dû se battre pendant des mois pour qu’Hydro-Québec reconnaisse qu’elle l’obligeait à payer les factures d’électricité d’un de ses voisins après avoir entrecroisé leurs deux compteurs par erreur.

Un retraité de Brossard a été obligé de payer les factures d’électricité d’un de ses voisins pendant six mois après qu’Hydro-Québec l’eut branché par erreur sur le mauvais compteur.

«Je n’en dormais plus, j’ai même dû prendre des médicaments tellement j’étais stressé», souffle Fernand Théorêt.

À 86 ans, ce retraité a vu ses factures d’électricité doubler du jour au lendemain. Alors qu’il n’avait jamais payé plus de 600 $ par année à Hydro-Québec, il s’est vu facturer pas moins de 1200 $ en 2014.

L’année précédente, tous les compteurs de son immeuble avaient été remplacés par des appareils de nouvelle génération.

La faute du froid

M. Théorêt a sursauté dès la première facture qu’il a reçue à la suite du changement de compteur. «J’ai dit, minute, là, c’est pas à moi, ça, certain!» raconte-t-il.

Aussitôt, il contacte Hydro-Québec pour se plaindre. On lui rétorque qu’il a probablement consommé plus à cause du froid. Un technicien est tout de même envoyé chez lui. Mais après avoir observé le compteur, celui-ci ne trouve rien d’anormal.

Pourtant, loin de s’équilibrer, la seconde puis la troisième facture que reçoit M. Théorêt sont tout aussi élevées.

Pris à la gorge, le retraité contacte à nouveau Hydro-Québec pour se plaindre et obtient la visite d’un autre technicien.

À la demande du client, le technicien accepte de couper complètement l’électricité de l’appartement et de descendre au sous-sol, dans la salle où sont regroupés tous les compteurs de l’immeuble.

À sa grande surprise, le compteur relié à l’adresse de M. Théorêt continue de tourner comme si le retraité continuait de consommer des kilowattheures. C’est plutôt le compteur censé mesurer la consommation d’un appartement voisin qui s’est arrêté net.

Bien que parfaitement fonctionnels, les deux appareils étaient reliés au mauvais consommateur. Hydro-Québec envoyait donc une facture exacte, mais à la mauvaise personne.

La société d’État rembourse actuellement M. Théorêt en lui octroyant un crédit sur chacune de ses factures. Elle assure que les erreurs de branchements croisés comme celle-ci sont «extrêmement rares».

«Les procédures d’installation sont automatisées dans la grande majorité des cas et permettent justement d’éviter ce type de croisement», explique le porte-parole, Serge Abergel.

Tours à condo vulnérables

Il admet néanmoins qu’Hydro-Québec ne compile pas de données permettant de quantifier le nombre de cas.

La vérificatrice générale de l’Ontario, Bonni Lysyk, souligne que le problème n’est pas anecdotique.

Ayant elle-même documenté plusieurs cas, elle explique que les immeubles où les compteurs sont tous regroupés sont les plus vulnérables aux croisements, car les engins y sont changés à la chaîne par un même installateur.

Il gagne sa vie en corrigeant les factures

Loin d’être une légende urbaine, les erreurs dans les factures d’électricité sont si nombreuses que deux experts montréalais en ont fait leur gagne-pain.

«L’erreur est humaine, on n’est jamais à l’abri», prévient Normand Théorêt, directeur du développement des affaires chez Gératio. Cette entreprise est spécialisée dans l’analyse et la vérification de factures énergétiques.

C’est elle qui a aidé le retraité de Brossard, victime d’un branchement croisé, à convaincre Hydro-Québec qu’on l’obligeait par erreur à payer les factures de son voisin.

Expertise

«Dans les règlements d’Hydro-Québec, c’est toi comme client qui doit prouver qu’il y a un problème, explique M. Théorêt. Mais ça prend des gens qui ont une expertise pour faire ça.»

Pour débusquer les erreurs, son collègue, l’ingénieur Jean Labonté, mène une enquête approfondie sur chaque client. Il analyse les factures, mais aussi les installations électriques et les transformateurs de courant, notamment.

Depuis 1992, son entreprise a permis à ses clients – uniquement des industriels dont les factures dépassent les 100 000 $ par an – de récupérer plus d’un million de dollars qui leur avaient été facturés à tort.

Compteur

Mais l’ingénieur Labonté est formel: les nouveaux compteurs ne sont pas des coupables habituels. «Ils ne sont pas sans faille, mais la possibilité d’erreur est minime», renchérit son collègue, M. Théorêt.

Selon lui, au lieu de s’en méfier, les consommateurs devraient plutôt voir ces engins comme des outils pour mieux surveiller leurs factures.

«Le nouveau compteur est beaucoup plus précis et permet d’en finir avec les lectures estimatives qui peuvent se solder par de mauvaises surprises à la fin de l’année», insiste-t-il.

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