Lévis Refuse

Lévis Refuse les compteurs intelligents d'Hydro-Québec

Compteurs gourmands, défenseurs absents!

24 janvier 2015 – Source Journal de Québec

Par Myriam Segal

Les témoignages se multiplient de citoyens surpris par le résultat de l’installation des compteurs intelligents d’Hydro Québec. Je ne parle pas de ceux qui craignent des ondes électromagnétiques maléfiques, mais de ceux qui voient leur facture et leur consommation exploser.

Les dénégations de la société d’État ne convainquent guère: elle incrimine les rigueurs de l’hiver, prétexte qu’on ne peut comparer les relevés, autrefois plus souvent estimés que constatés. Pourtant, l’hiver dernier fut bien plus précoce et rigoureux que l’actuel.

Une connaissance, technicien de génie, a passé sa vie à démonter tout ce qui lui tombait sous la main, à déchiffrer les notices et documents d’homologation d’Industrie Canada. Il a lu tout ce qu’il a trouvé sur le modèle de compteur intelligent d’Hydro. Comme deux ingénieurs que le Journal interviewait en janvier, il croit que le nouveau compteur… compte plus de kWh que l’ancien.

Le ministre québécois se tient loin du débat

Les pointes

Quand un appareil électrique démarre, il demande pendant quelques secondes beaucoup d’énergie, trois à quatre fois plus que pendant qu’il tourne. Les anciens compteurs ne pouvaient pas comptabiliser ces pointes de consommation, à cause de la force d’inertie de leur mécanisme. Les nouveaux compteurs électroniques les enregistrent. Selon mon ami technicien, beaucoup d’appareils, surtout à compresseurs, démarrent souvent. Leurs moteurs puissants réchauffent ou réfrigèrent vite, puis s’arrêtent et redémarrent, multipliant les pointes.

Réponse nébuleuse d’Hydro à cet argument: «ce qui n’était pas compté par les vieux compteurs ne l’est pas plus par les nouveaux». Pourtant, selon la notice de l’appareil, les nouveaux compteurs réagissent instantanément.

Cette théorie semble plausible pour expliquer les hausses de consommation constatées. Mais cela implique qu’Hydro savait que la nouvelle technologie coûterait cher au consommateur. Cela expliquerait son empressement à changer tous les compteurs, même quand le propriétaire des lieux paie pour rester au relevé manuel.

À l’aide !

Cela explique peut-être aussi son apathie devant le tollé. Au lieu de vérifier, documenter chaque cas, elle ânonne des répliques sibyllines, fait subir des attentes en ligne dissuasives aux consommateurs, et semble refuser de vérifier les cas problèmes. Comment un citoyen peut-il s’assurer de l’installation ou l’exactitude de l’appareil? Hydro interdit d’y toucher.

Le Journal rapporte qu’en Ontario, la vérificatrice générale a constaté beaucoup d’erreurs d’installation des nouveaux compteurs et recommande qu’un organisme indépendant surveille ce déploiement technologique. Mais au lieu de suivre ce conseil, le ministre québécois se tient loin du débat, comme un vautour qui tournoie en hauteur, heureux de se repaître bientôt du boulot du prédateur.

La Régie de l’Énergie devrait sursauter: elle a accordé à Hydro des hausses de tarifs en se basant sur le volume de consommation déclaré par la société d’État. Si Hydro savait que la consommation augmenterait avec les nouveaux compteurs, elle pourrait avoir manipulé la Régie pour avoir le beurre et l’argent du beurre: les hausses de tarifs, et les hausses de consommation.

Dans cette affaire, le plus suspect, inquiétant et décevant, c’est la passivité unanime de ceux qui devraient nous servir.

> Lire la nouvelle en ligne sur le site du Journal de Québec

Publicités

Une réponse à “Compteurs gourmands, défenseurs absents!

  1. Lévis Refuse les compteurs intelligents 25 janvier 2015 à 16:03

    Je suis entièrement d’accord avec madame Acosta sur l’erreur d’attribution des causes d’augmentation de la facturation qu’elle soulève dans votre article.

    Cependant, Madame Segal, je suis pleinement en accord avec vous sur le fond de l’article. Ce projet de compteurs intelligents (CI) est ni plus ni moins qu’une vaste escroquerie institutionnalisée, et nos « honnêtes » décideurs ferment les yeux tout en se bouchant les oreilles, pour être certains de ne rien voir et entendre… Parce que ça fait leur affaire!

    Les politiciens, provinciaux ou municipaux, qu’ils soient au pouvoir ou non, à part quelques rares exceptions, restent publiquement silencieux alors que l’on sent très bien, chez certains d’entre eux, un profond malaise lorsque l’on évoque ce dossier. C’est l’OMERTÀ!

    Aucune volonté politique n’est ressentie pour aller au fond des choses… Pourquoi donc?

    On a d’un côté Santé Canada qui propose le code de sécurité le plus laxiste au monde, sans pour autant qu’il y ait obligation pour qui que ce soit de s’y conformer. Ses recommandations ne sont basées que sur une exposition unique d’une durée de 6 minutes aux effets thermiques des émissions électromagnétiques. Or des compteurs… ça émets 24h/24. D’autre part, aucune indication ne tient compte des effets biologiques autres que thermiques. En outre, même si Santé Canada recommande l’application d’un code ou d’une norme pour des installations électriques, cela ne rend pas pour autant l’ensemble de cette technologie scientifiquement ou médicalement acceptable. Près de 6000 études à travers le monde disent Oh! Là! Cette technologie est loin d’être aussi inoffensive que l’industrie veut bien le prétendre. Mais ces études, qui traitent en grande partie des effets non thermiques ne sont même pas pris en compte par la Société royale du Canada, qui est mandatée par Santé Canada pour évaluer les études en vue de réviser le code de sécurité. On pourrait aussi parler de la corruption de plusieurs membres de cette Société qui a entraîné la démission de son président et le renvoi de certains de ses membres. Cet organisme a systématiquement rejeté les études qui, depuis 2007, lèvent un énorme drapeau rouge sur les effets non thermiques des ondes électromagnétiques. Ça ne vous fait pas penser à la saga de l’amiante? Ça a pris 60 ans avant que l’on admette qu’il y avait un problème réel sur la santé.

    Pour ce qui est de la Santé publique québécoise, elle n’ira pas affirmer que les émissions de radiofréquences peuvent nuire à la santé, puisque le collège des médecins du Québec est en arrière d’une bonne quinzaine d’années sur la question par rapport aux organismes équivalents en Ontario, en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et plusieurs pays d’Europe, dont la France, les pays nordiques, l’Allemagne, etc.

    En 2009, il y a eu ce qu’il est communément appelé « l’Appel du 23 mars 2009″ à la suite d’un Congrès de médecins et de chercheurs de la communauté européenne. Suite à ce congrès, une déclaration unanime de la communauté internationale des scientifiques regroupant des chercheurs et des professionnels de la santé a été diffusée. En voici le lien: http://www.dailymotion.com/video/x8s5y6_electrosensibilite-appel-des-scient_news

    Cet appel date déjà de 5 ans… et notre Santé publique québécoise, ainsi que nos brillants médecins, qui ne s’attaquent toujours qu’aux symptômes et jamais aux causes de nos maladies, ne sont même pas encore au courant!?!?!? On peut en douter sérieusement! D’autant que, pour avoir parlé à certains médecins québécois qui sont préoccupés par la question, ils ont peur de se faire taper sur les doigts par leur ordre s’ils se positionnent sur le sujet. Ça en dit long sur les pouvoirs extravagants que détient cet ordre!

    Ce dont on ne peut pas douter, c’est qu’il y a beaucoup d’intérêts financiers et politiques en jeu. Que vaut la santé des gens dans la balance, quand il y a du fric à faire?

    Lorsque le citoyen ordinaire pose des questions à Hydro-Québec, aux agences de santé ou à la Régie de l’énergie, on se contente de nous répondre des âneries à l’effet que selon Mesure Canada ou Santé Canada, les compteurs intelligents répondent aux normes… normes qui ont été établies sciemment beaucoup trop élevées pour protéger les citoyens de manière à répondre à des impératifs commerciaux de l’industrie du cellulaire. Quand on sait que le Gouvernement canadien vend les bandes de fréquences et que des milliards de dollars sont en jeu, il devient évident que l’industrie compte bien se servir de ces bandes et qu’un changement à la baisse du code de sécurité canadien nuirait aux investissements. D’autre part, le Gouvernement québécois ponctionne les profits d’Hydro-Québec, alors pourquoi lèverait-il le petit doigt s’il y a un pactole supplémentaire non négligeable en vue avec l’implantation des CI? Malheureusement, ça ce n’est que la pointe de l’iceberg.

    Les stratégies de communication faites par les organismes officiels, en principe responsables de la protection du citoyen et du consommateur, notamment, la Régie de l’énergie, les agences de Santé, Santé Canada, Mesure Canada, les ministères concernés, sont orchestrées vers un déni total de la situation et sous prétexte de « rassurer la population », comme si nous étions tous des débiles légers ou des enfants de 6 ans, on nous dit qu’il n’existe aucune preuve solide que les compteurs pourraient nuire à la santé ou encore entraîner une surfacturation… Mais le hic, c’est qu’aucune étude n’a été produite sur l’innocuité des compteurs intelligents! Et aucune firme réellement indépendante ne peut attester de la fiabilité des compteurs intelligents à calculer correctement la consommation. On omet donc de nous le démontrer en produisant des pièces probantes, des certifications de conformités émises par des organismes réellement indépendants.

    Depuis quand, le client doit-il prouver que l’appareil dont on se sert pour lui vendre un produit est dangereux et manque de fiabilité? Normalement, c’est à l’industrie de prouver l’innocuité et la fiabilité de ses équipements? C’est comme si on me vendait une voiture, mais que chaque acheteur devrais prouver que la voiture n’est pas sécuritaire parce que la nouvelle technologie des freins arrières ne fonctionnent pas!

    En outre, comment peut-on penser que la validité des tests d’exactitude des mesures des CI puisse être reconnue, lorsque l’on sait qu’Hydro-Québec est accrédité par Mesures Canada pour réaliser ses propres tests elle-même, et « s’auto octroyer » la certification Mesures Canada. Que diriez-vous de la validité d’un diplôme universitaire, si l’on permettait à un étudiant en médecine de suivre son cours tout seul chez lui, de passer et de corriger lui-même ses examens, et de s’octroyer lui-même son certificat attestant qu’il est médecin? Vous vous laisseriez opérer par un tel médecin?

    Il est grand temps qu’une commission d’enquête publique, réellement indépendante, soit instituée pour faire la lumière sur les agissements d’Hydro-Québec, de la Santé publique, de la Régie de l’énergie et du gouvernement du Québec. La constitution de cette commission d’enquête devrait contenir des représentants du public ordinaire, des médecins ordinaires, des chercheurs, des économistes, des scientifiques et des représentants du monde légal, mais aucun de ces représentants ne devrait avoir de liens, de près ou de loin avec le gouvernement ou l’une des instances qui font l’objet d’une enquête. Par ailleurs, au Québec, les commissions d’enquête ne devraient pas être mises sur pied par le gouvernement, mais bien par le système judiciaire, et ce, de manière indépendante avec des pouvoirs exécutoires.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s