Lévis Refuse

Lévis Refuse les compteurs intelligents d'Hydro-Québec

Hydro-Québec au service des transnationales milliardaires

10 octobre 2014 – Source : Journal de Montréal

Le Québec, contrairement à d’autres provinces, états ou pays possède des actifs collectifs très lucratifs permettant de facilement supporter une plus grosse dette publique et de générer de gros profits à l’État, mais qui sont malheureusement détournés et déviés vers des gros intérêts corporatifs plutôt que d’être distribués en dividendes à ses propriétaires véritables que sont les huit millions de Québécois ou servir à financer ses services publics. Je pense ici, entre autres, à des instruments collectifs comme Loto-Québec, la Société des alcools du Québec (SAQ) et surtout à Hydro-Québec.

Dans les années soixante, c’est nous, le peuple Québécois, qui a pris tous les risques et qui a entièrement financé la nationalisation d’Hydro-Québec alors détenue par des intérêts étrangers. Hydro-Québec compte huit millions de propriétaires constitués de tous les citoyens du Québec. Quel formidable actif les baby-boomers, souvent dénigrés, lègueront aux générations futures. Malheureusement, nos élus gèrent Hydro-Québec comme si la compagnie leur appartenait alors qu’ils en sont seulement les fiduciaires. Vraiment déroutant de voir nos gouvernements se servir allègrement de nos biens publics, comme Hydro-Québec, pour subventionner à hauteur d’au moins 4 milliards$ chaque année, oui, j’ai bien dit 4 milliards de dollars, de grosses compagnies, étrangères en plus de ça, comme les alumineries, les papetières, les minières, les éoliennes, etc. En Occident, seul le Québec agit comme cela, c’est-à-dire en imbécile. Après, ces mêmes politiciens osent inventer de toute pièce une terrible crise financière au Québec, faute de ressources. Si seulement ils arrêtaient de garrocher notre argent dans les poches de firmes étrangères milliardaires, il n’y aurait pas de crise et ils pourraient plutôt utiliser ces argents pour financer adéquatement nos programmes sociaux au lieu de toujours les harnacher.

Dans toute compagnie ou coopérative, les profits reviennent aux propriétaires (actionnaires et sociétaires) sous la forme de dividendes ou de ristournes. C’est pas pantoute ça qui se produit dans le cas d’Hydro-Québec. Les gros profits d’Hydro-Québec sont plutôt versés aux multinationales sous forme de tarifs ridiculement bas et d’achat à des prix ridiculement élevés d’électricité que l’on n’a pas du tout besoin (donc achetée en pure perte), à des éoliennes et des centrales privées. Et comme si ce n’était pas assez comme vol institutionnalisé, le gouvernement libéral de Philippe Couillard exige que les Québécois, au lieu de recevoir les dividendes de son bien public, paient ceux qui les arnaquent avec non pas des baisses de tarifs, mais plutôt par de futures hausses de tarifs d’électricité qui avoisineront le 5% avant impôts et taxes de vente. Après impôts sur le revenu et taxes de vente (TPS et TVQ), l’augmentation sera de l’ordre d’au moins 8% en 2014. C’est vraiment le monde à l’envers. Les élus accordent, à même notre actif collectif Hydro-Québec, de substantielles baisses de tarifs d’électricité à plusieurs grosses compagnies étrangères et demandent aux propriétaires (la population) non seulement de ne pas encaisser de dividendes, mais de payer pour les cadeaux effectués.

Hydro-Québec : 8 milliards de vrais profits

Je le répète, il faudrait se réapproprier nos instruments collectifs. Ainsi, le Québec jouirait d’au moins, oui au moins, 11 milliards de dollars chaque année de plus (8 milliards Hydro, 3 milliards SAQ et Loto-Québec) pour financer nos services publics ratatinés et délabrés. Oui, au Québec nous détenons collectivement des actifs collectifs que d’autres n’ont pas en Amérique du Nord, ce qui devrait nous permettre de se payer des programmes sociaux que ces derniers ne peuvent pas se payer.

En 2013, si on prend le rapport annuel et les états financiers d’Hydro-Québec, on constate qu’elle a réalisé un bénéfice net de 3 milliards$ et a versé 1,2 milliard de taxes de toutes sortes au gouvernement du Québec. On est donc rendu à 4 milliards$. À la note 5 des états financiers intitulée taxes, on constate qu’Hydro-Québec a versé 1 milliard$ au gouvernement du Québec en plus de 200 millions$ (note b : frais financiers) à titre de frais de garantie de sa dette. Quelle farce grotesque. Le gouvernement du Québec qui charge 200 millions$ à Hydro-Québec chaque année pour supposément garantir sa dette alors que dans les faits c’est plutôt Hydro qui garantit la dette publique du Québec. De ce fait, c’est Hydro-Québec qui devrait facturer 200 millions$ l’an au gouvernement du Québec. N’importe quoi pour rire du monde et pour l’exploiter.

Si on ajoute maintenant à ce 4 milliards$ le cadeau d’au moins 3 milliards$ consenti chaque année aux alumineries et autres quêteux en tarifs préférentiels d’électricité, on arrive maintenant à 7 milliards$ de véritable profit d’Hydro-Québec. Mes amis, déjà en 2009, l’organisme de recherche patronale très beaucoup à droite qu’est l’Institut économique de Montréal (IEDM) affirmait que : «Nourrir les alumineries coûte 2,5 milliards par année» (La Presse, 3 février 2009). Et à ce moment, en 2009, le tarif bonbon était plus élevé. En plus, depuis, Québec a multiplié les tarifs préférentiels à d’autres comme les mines, les papetières, les cimenteries, la nouvelle de Gaspésie (Mckinnis), les centres de ski, les serriculteurs : «Les producteurs en serre choyés» (Journal de Québec, 6 novembre 2013) et beaucoup, beaucoup d’autres : «L’électricité sera vendue au rabais pour attirer les investisseurs» (Le Devoir, 8 octobre 2013).

Enfin, si on ajoute la subvention déguisée, mais réelle d’au moins un milliard par année en achat d’électricité inutile, et ça au gros prix s.v.p., de grosses firmes étrangères d’éoliennes et de barrages privés, on arrive à huit milliards$ de véritable profit net d’Hydro-Québec qui devrait servir à financer exclusivement nos programmes sociaux plutôt qu’à les charcuter : «Un pillage de 1 milliard» (Le Devoir, 6 juillet 2013) et «Hydro-Québec. De l’électricité achetée en pure perte» (Le Devoir, 16 janvier 2013). Imaginez, même si Hydro aura des surplus d’électricité jusqu’en 2027 (La Presse, 20 décembre 2012), le gouvernement du Québec lui ordonne non seulement de continuer à acheter de l’électricité produite par le privé, mais en plus au gros prix variant entre 10 et 13 cents le kilowatt-heure alors qu’Hydro-Québec le revend aux alumineries et aux autres à moins de 4 cents le kilowatt-heure ainsi qu’à l’exportation : «Les alumineries grugent les profits d’Hydro-Québec» (Le Devoir, 27 novembre 2012) et «Hydro-Québec. L’éolien fait grimper la facture. La société d’État souhaite hausser ses tarifs de 3,9%» (Le Devoir, 6 août 2014). Hausser ses tarifs au monde ordinaire, s’entend. C’est lui qui doit payer pour entretenir, à même ses biens, ceux qui l’exploitent. On appelle ça se faire harakiri.

Par souci d’honnêteté, afficher la véritable contribution d’Hydro-Québec à l’État québécois

Si Hydro-Québec était une firme privée comme ailleurs en Amérique du Nord, le gouvernement du Québec ne pourrait évidemment pas ordonner à cette firme privée de consentir des tarifs préférentiels et des cadeaux de l’ordre de 3 milliards$ l’an et la forcer à acheter pour 1 milliard d’électricités chaque année qu’elle n’aurait pas besoin de d’autres compagnies. Si Québec ne détenait pas cet instrument collectif qu’est Hydro-Québec, le gouvernement devrait prendre ces 4 milliards$ de subventions à même ses fonds généraux. Actuellement, ces 4 milliards$ de vraies subventions versées par Hydro-Québec ne sont pas du tout comptabilisées à cet effet dans les livres comptable et les chiffres du gouvernement du Québec. Ainsi, on minimise l’aide publique accordée au privé et les états financiers du gouvernement du Québec et d’Hydro-Québec ne reflètent pas la réalité. Ils la faussent plutôt.

C’est pourquoi il faudrait impérativement comptabiliser ces 4 milliards$ de subvention annuelles dans les livres comptables du gouvernement du Québec et non dans ceux d’Hydro-Québec qui devrait présenter ainsi son état des résultats :

Profit net et contribution réelle d’Hydro Québec à

l’État du Québec pour l’année 2013 8 milliards$

Moins :

Versé au gouvernement du Québec en :

Taxes et impôts (1 milliard$)

Dividendes (2 milliards) (3 milliards)

Versé aux alumineries et autres tarifs préférentiels (3 milliards)

Achat excédentaire d’électricité aux éoliennes et aux barrages privés (1 milliard)

Solde du profit net réinvesti dans l’entreprise 1 milliard$

La mainmise étrangère de notre énergie éolienne se poursuit toujours à grande vitesse sans que Couillard ne lève le petit doigt. D’ailleurs ce sont ces mêmes libéraux qui ont interdit à Hydro-Québec, notre société d’État collective, de se lancer dans l’éolien afin de le donner à des étrangers. Tiens, à cet effet, la société pétrolière albertaine vient toujours d’accroître son contrôle juridique à 67,5% et à 80% sur deux gros investissements : «Enbridge augmente sa participation à deux projets (Lac Alfred et Massif du Sud) éoliens au Québec» (Le Devoir, 24 septembre 2014). La dilapidation de nos ressources naturelles continue sans faire de vague.

Hydro verse au gouvernement du Québec plus que les 300 000 compagnies faisant affaire dans la province

Encore une autre chose qui dépasse l’entendement. En 2013, Hydro-Québec a versé 3 milliards de dollars en dividendes (2 milliards) et en taxes diverses (1,2 milliard $) dans le compte de banque du gouvernement du Québec, sans recevoir, et il est important de le mentionner, aucune cenne noire en subvention gouvernementale. Par contre, en 2014, les 300 000 compagnies faisant affaire au Québec vont verser pour à peine 3,5 milliards de dollars d’impôts sur le revenu au gouvernement du Québec tout en recevant au minimum 8 milliards en subvention de toutes sortes : 4 milliards$ sous forme d’aide directe et de crédits d’impôt, plus 3 milliards en tarifs préférentiels d’électricité et plus d’un milliard$ en achat d’électricité totalement et intégralement inutile. Vraiment pathétique. On saigne la classe moyenne et on réduit à presque rien ses services publics afin de subventionner, d’engraisser et de gaver de fonds publics le patronat au nom de la croissance économique dont la classe dominante est la seule à vraiment profiter et souvent au détriment des générations actuelles et futures et du bien-être de la planète. Et dire que l’on donne des leçons de démocratie, de liberté, d’équité et de justice aux Russes, aux Chinois, aux Brésiliens, etc

> Lire la nouvelle en ligne sur le site du Journal de Montréal

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